J’ai lancé mon site après 14 mois de procrastination : ce que cette expérience m’a appris

Il y a des projets qu’on repousse longtemps, non pas parce qu’ils ne sont pas importants, mais parce qu’ils comptent énormément. On veut que tout soit beau, clair, professionnel et parfaitement aligné avec ce qu’on a en tête. On veut sortir quelque chose de propre, quelque chose qui nous représente vraiment. Mais parfois, cette envie de bien faire finit par devenir un frein.
Mon site internet fait partie de ces projets-là.
Avant BARA, il y a eu MIB et le projet a commencé le 17 mai 2020, en pleine période de Covid. À ce moment-là, je ne l’ai pas lancé seul. Je l’ai lancé avec Maxime Buru (USA), puis Serge Kumilio (R.D. Congo) nous a rejoints pour devenir partenaire avec nous. Nous étions trois à porter cette aventure, à gérer, à réfléchir, à construire, à avancer avec les moyens disponibles.
Avec le temps, MIB a grandi. Nous sommes même arrivés à avoir plusieurs employés, plusieurs projets, plusieurs responsabilités. Et pourtant, malgré toute cette activité, le site internet n’existait pas vraiment comme je l’aurais voulu.
Et c’est là que se trouve déjà une première leçon importante : l’absence d’un site internet ne doit jamais devenir la raison pour laquelle tu ne lances pas ton business.
Beaucoup d’entrepreneurs commencent sans site, plusieurs entreprises gagnent leurs premiers clients sans site et plusieurs projets prennent vie grâce au bouche-à-oreille, aux réseaux sociaux, aux recommandations, aux relations humaines, à la qualité du travail et à la confiance bâtie avec le temps.
Le site est important, oui. Mais il ne doit pas devenir une excuse pour rester bloqué.
De MIB à BARA : une nouvelle étape

J’ai avancé avec MIB jusqu’en 2023. Puis, à un moment, j’ai arrêté. J’ai pris une pause d’environ un an. Cette pause n’était pas forcément un abandon de la vision, mais plutôt une période où certaines choses devaient être repensées, réorganisées et repositionnées.
Puis le 8 octobre 2024, j’ai relancé cette vision sous une nouvelle identité : BARA.
BARA n’était pas seulement un nouveau nom. C’était une nouvelle manière de présenter mon travail, une nouvelle façon de structurer mes services, une nouvelle direction et une volonté plus claire de bâtir quelque chose de professionnel, durable et mieux aligné avec ce que je voulais réellement offrir.
Au départ, pour BARA, je voulais simplement créer un one pager. Une seule page, claire et directe, pour présenter l’essentiel. Mais plus le projet avançait, plus je réalisais que BARA avait besoin de plus qu’une simple page. Il fallait un vrai espace pour expliquer les services, présenter les réalisations, montrer le portfolio et permettre aux clients de mieux comprendre l’univers de l’agence.
Le perfectionnisme qui ralentit le lancement

Avant d’arriver à ce site, j’avais déjà tenté de le créer plusieurs fois avec différents développeurs. Trois fois, le projet a été commencé, trois fois, il n’est pas vraiment sorti comme prévu.
Ce n’était pas parce que les personnes n’étaient pas compétentes. Ce n’était pas non plus parce que le projet n’avait pas de valeur. Le vrai problème, c’est qu’il y avait toujours ce côté perfectionniste en moi. Je voulais que tout soit prêt avant de présenter le site. Je voulais que chaque mot soit bien choisi, que chaque image soit bien placée, que chaque service soit bien formulé et que chaque page reflète exactement ce que j’avais dans la tête.
Mais justement, tout était dans ma tête.
Je savais ce que je voulais dire, mais je n’arrivais pas toujours à le transformer en textes clairs. Je savais ce que je voulais montrer, mais je n’arrivais pas encore à organiser tout cela en sections, en pages, en services et en portfolio. Et quand un projet représente ton entreprise, ton identité et ta vision, le rendre concret peut devenir beaucoup plus lourd qu’on ne l’imagine.
C’est parfois ça, le piège du perfectionnisme : il donne l’impression qu’on vise l’excellence, alors qu’en réalité, il peut nous empêcher de commencer.
L’aide de Nassir Adekoudjo et la reprise du projet

À un moment, Nassir est entré dans le processus. Il travaillait déjà avec moi sur certains contrats et il avait cette volonté de m’aider à aller plus loin. Il m’a proposé de construire un site complet, quelque chose de plus solide qu’un simple one pager. Et honnêtement, il avait fait une grosse partie du travail.
Il avait posé une base importante et le site était bien avancé, mais il fallait encore adapter beaucoup de choses. Une partie du contenu était en anglais, alors que BARA s’adresse d’abord à une clientèle francophone au Québec. Il fallait donc traduire, ajuster, compléter et surtout rendre le message plus proche de mon marché, de mes clients et de ma manière de communiquer.
Avec le temps, nos disponibilités ne se croisaient plus vraiment. Le projet a ralenti, et j’ai fini par reprendre plusieurs éléments moi-même. À ce moment-là, je me suis retrouvé face à une réalité : si je voulais vraiment que le site sorte, je devais apprendre à modifier, comprendre et ajuster certaines choses par moi-même.
Ce n’était pas confortable, mais c’était nécessaire.
Apprendre à faire, même sans tout maîtriser

Reprendre un site quand tu n’es pas développeur, ce n’est pas simple. Il faut comprendre la structure, les pages, les sections, les réglages, les erreurs, les images, les textes et tous ces petits détails techniques qui peuvent rapidement devenir frustrants.
C’est là qu’Armand m’a aidé. Il était prêt à faire davantage, mais je lui ai plutôt demandé de me montrer comment faire. Il m’a donc donné une formation de 30 minutes, simple, directe et enregistrée, et après j’ai revu cette formation plusieurs fois pour pouvoir avancer.
Je ne suis pas devenu développeur professionnel du jour au lendemain — les développeurs me pardonneront l’expression — mais j’ai appris suffisamment pour modifier, corriger, ajuster et prendre un peu plus d’autonomie. Ce jour-là, je me suis vraiment dit que j’allais dormir moins bête.
Mais même après cette formation, le site n’est pas sorti immédiatement. D’autres responsabilités sont arrivées. Les projets, les clients, les engagements, les urgences et les obligations ont repris de la place. Et petit à petit, j’ai recommencé à repousser.
Je savais que le site devait sortir, mais je trouvais toujours une raison d’attendre encore un peu. Il fallait revoir une section, améliorer un texte, ajouter un projet, corriger un détail, reprendre une page. Et c’est souvent comme ça que les semaines deviennent des mois.
14 mois de procrastination, puis une vraie décision

Avec du recul, je peux dire que ce site m’a pris environ 14 mois de procrastination, puis environ un mois où j’ai réellement décidé de travailler sérieusement dessus.
Ce n’était pas un mois facile et non plus un mois parfait. Mais c’était un mois où j’ai pris de vraies journées pour avancer. Parfois, je pouvais passer jusqu’à 12 heures non-stop à façonner le site, à revoir les textes, à modifier les pages, à ajuster les sections, à organiser le portfolio et à essayer de rendre l’ensemble cohérent.
Même pendant cette dernière ligne droite, je n’étais pas entièrement satisfait. Certaines parties ont été reprises plusieurs fois. D’autres ont été refusées, modifiées, corrigées, puis retravaillées encore. La partie portfolio, en particulier, m’a demandé énormément de temps.
Et pourtant, ce qui est visible aujourd’hui ne représente même pas tout ce que BARA a déjà réalisé.
Lancer avec l’essentiel, puis améliorer avec le temps

Aujourd’hui, je dirais que le portfolio en ligne représente environ 30 % de tout ce que je pourrais montrer. Il reste encore beaucoup de projets à ajouter : des montages vidéo, des événements, des projets clients et plusieurs autres réalisations.
Mais j’ai compris que je ne pouvais pas attendre d’avoir tout publié pour lancer le site. J’ai donc choisi de commencer avec l’essentiel.
Dans cette première version, j’ai mis en avant :
- les mariages ;
- les graduations ;
- les événements ;
- la gestion des réseaux sociaux ;
- et certaines réalisations qui permettent déjà de comprendre l’univers de BARA.
Ce n’est pas encore complet, mais c’est suffisamment clair pour permettre aux visiteurs de comprendre ce que nous faisons, de voir notre style et de savoir si notre approche correspond à leurs besoins.
Et c’est ça aussi, lancer intelligemment : ne pas attendre d’avoir tout, mais commencer avec ce qui est déjà solide.
Pourquoi avoir quand même un site internet ?
Même si je crois profondément qu’un site ne doit pas bloquer le lancement d’un business, je crois aussi qu’un site devient très important quand l’entreprise commence à se structurer.
Pour moi, le site de BARA n’est pas simplement une vitrine. C’est un outil parce qu’il me permet de présenter clairement ce que nous faisons, de montrer une partie de notre travail et de donner aux clients les informations essentielles avant même qu’ils me contactent.
Avoir un site me permet aussi de mieux filtrer les demandes. Quand une personne visite le site, elle peut déjà comprendre les services, voir le niveau de qualité, découvrir notre univers et se faire une idée plus claire de ce qu’elle recherche. Cela évite certaines conversations floues et permet d’attirer des clients plus alignés avec notre manière de travailler.
Le site permet aussi de renforcer la crédibilité. Aujourd’hui, quand quelqu’un entend parler de BARA, il peut aller voir par lui-même ce que nous faisons. Il peut consulter le portfolio, lire les informations, découvrir les services et prendre une décision plus facilement.
Concrètement, ce site me sert à :
- présenter BARA de manière plus professionnelle ;
- centraliser les informations importantes ;
- montrer une partie du portfolio ;
- expliquer les services avec plus de clarté ;
- rassurer les clients potentiels ;
- filtrer les demandes moins alignées ;
- et permettre aux bons clients de nous contacter plus facilement.
Le site ne remplace pas le travail, la qualité, la relation humaine ou la confiance. Mais il vient renforcer tout cela.
Le site n’est pas le début de tout, mais il devient une étape importante
Avant ce site, j’avais déjà gagné de l’argent, j’avais déjà eu des clients et j’avais déjà travaillé sur des projets. J’avais déjà livré des services mais encore, j’avais déjà construit une certaine expérience.
C’est pour cela que je veux vraiment insister sur ce point : ne laisse pas l’absence d’un site internet t’empêcher de commencer.
Tu peux commencer avec une page Instagram, avec ton réseau, avec des recommandations, avec quelques réalisations bien présentées, ou encore avec des conversations, des essais, des premiers clients et beaucoup de sérieux.
Ensuite, avec le temps, tu peux structurer, créer ton site, améliorer ton image, organiser ton offre ainsi que rendre ton entreprise plus claire, plus visible et plus professionnelle.
Mais si tu attends que tout soit parfait avant de poser la première action, tu risques de rester longtemps dans la préparation.
Ne pas avancer seul

Une autre grande leçon de cette expérience, c’est qu’il ne faut pas toujours vouloir avancer seul. Je remercie énormément Nassir, parce qu’il avait déjà posé une base importante. Sans son travail, je n’aurais probablement pas pu avancer de la même manière.
Je remercie aussi Armand, qui m’a formé et qui m’a aidé jusqu’à la fin. Même à 72 heures de la sortie du site, j’étais encore bloqué sur certaines parties. La section des témoignages ne fonctionnait pas correctement. Il y avait des erreurs, des éléments qui ne s’affichaient pas comme prévu, et cela devenait frustrant. Armand a pris le contrôle et m’a aidé à débloquer la situation.
Cette partie m’a rappelé que les gens qui nous entourent peuvent être de vraies richesses. Une personne peut t’aider à structurer une idée. Une autre peut t’aider techniquement. Une autre peut te faire gagner du temps. Une autre peut simplement t’apporter le regard extérieur dont tu avais besoin.
Demander de l’aide ne veut pas dire que tu es faible. Cela veut parfois simplement dire que tu veux aller plus loin avec les bonnes personnes autour de toi.
Ce que je retiens de cette expérience

Ce site m’a appris que le perfectionnisme peut parfois être dangereux. Il peut donner l’impression qu’on cherche l’excellence, alors qu’en réalité, il peut cacher la peur de lancer, la peur d’être jugé ou la peur de ne pas être encore assez prêt.
Il m’a aussi appris qu’un projet ne prend pas forme uniquement parce qu’on y pense beaucoup. Il prend forme quand on lui donne du temps, de l’énergie, des décisions et des actions concrètes.
J’ai appris qu’il faut parfois accepter de commencer avec une première version, même si elle n’est pas parfaite. Cette première version pourra être corrigée. Elle pourra être améliorée. Elle pourra évoluer avec le temps. Mais une idée qui reste seulement dans la tête ne peut pas grandir.
Aujourd’hui, je ne lance pas ce site parce qu’il est parfait mais je le lance parce qu’il est temps parce qu’ll est temps de présenter BARA plus clairement. Il est temps de montrer une partie du travail accompli. Il est temps de permettre aux clients de mieux comprendre nos services. Il est aussi temps de sortir cette première version et de continuer à l’améliorer avec le temps.
Si tu lis ce texte et que tu as toi aussi un projet que tu repousses depuis longtemps, je veux t’encourager à commencer. Comment le faire concrètement ? Commence avec ce que tu as, avec les moyens disponibles, avec une première version sérieuse, même si elle n’est pas encore complète.
Tu pourras ajuster certaines choses après et tu apprendras en avançant. Tu t’amélioreras avec l’expérience. Et plus tu avanceras, plus ton projet prendra forme parce qu’au fond, on ne peut pas améliorer ce qui n’existe pas encore.
Ce site est une étape et BARA continue de grandir, de se structurer et d’évoluer. Dans le prochain blogue, je parlerai davantage de la naissance de BARA, du passage de MIB à BARA et de la vision derrière cette nouvelle étape.
Mais pour ce premier article, je voulais simplement partager ceci :
Une version imparfaite lancée ira toujours plus loin qu’une idée parfaite restée dans ta tête.
Visitez notre site internet : www.agencebara.ca

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